Retour sur le conseil • 16 mai 2019

  • Point A Bilan Syctom et organisation d’une consultation citoyenne

Le travail engagé depuis près d’un an dans le cadre d’une mission d’information et évaluation, pluraliste, a été collégial et instructif. L’animation de ce groupe de travail s’est voulue ouverte et constructive.

Il n’en demeure pas moins que les conclusions élaborées, après un an d’auditions et de rencontres, sont très décevantes.

L’objectif poursuivi était double. Savoir si ce projet de reconstruction, dans sa totalité, était réellement indispensable ou était évitable ? Et être en mesure d’apporter des éléments concrets, mesurables, vérifiables, afin d’éclairer nos concitoyens. Force est de constater qu’il n’en est rien. L’analyse de l’opportunité de l’UVE a été écartée, l’analyse de la dangerosité de l’UVO n’est pas faite. Cela ne répond pas à nos attentes.

Ces questions sur lesquelles nos débats achoppent depuis 10 ans restent sans réponse. Pendant ce temps, les actions indispensables pour réduire les déchets et atteindre les objectifs permettant d’éviter l’incinération ne sont pas conduites. Le sentiment initial d’un calendrier élaboré pour temporiser, le temps que le projet de reconstruction devienne définitif parait se confirmer.

Quelques éléments concrets nécessitent d’être approfondis :

  • Quelle politique de réduction des déchets permettrait d’éviter la reconstruction d’un incinérateur. Cela supposait d’étudier la capacité des autres incinérateurs du secteur d’une part ; d’analyser les résultats de l’expérimentation sur les bio-déchets ; de lancer dans les temps la communication et la sensibilisation sur l’extension du tri. Rien de cela n’a été pris en compte. L’objectif est donc clairement absent des travaux. Pourtant nos interlocuteurs ont insisté sur cet enjeu majeur et indiquer les leviers de réussite d’une action volontariste : actions de prévention, règlementation, ergonomie de la collecte, et incitation financière. Aucun n’est réuni. Les bacs sont insuffisants, ils ne sont pas adaptés à l’évolution des collectes. Les horaires et fréquences de collecte sont inadaptées également. Les moyens dédiés à la prévention sont inexistants (plus de plan local de prévention des déchets, plus de coordinateur de ces compétences, plus d’ambassadeurs de tri). L’abandon total. La taxation incitative n’est pas encore à l’ordre du jour. Et la règlementation, bien qu’existante, exigeante et ambitieuse, n’est pas respectée.
  • Quelles sources étudier pour produire le chauffage que l’incinération ne produirait plus ? Ce sujet est indiqué comme perspective pour l’avenir et n’a pas été étudié. Il semblerait qu’on ait la chance de disposer du temps nécessaire à ces réflexions. Mais pas du tout. Le seul objectif affiché est de gagner du temps alors qu’on a déjà perdu 10 ans.
  • Il est évoqué le besoin d’une meilleure communication plus pédagogique du Syctom. Je pense surtout qu’il y a besoin d’une plus grande transparence du Syctom. Notamment par la publication immédiate et régulière des mesures prises auprès des cheminées et dans l’école Dulcie, ce qui est réclamé depuis des années.
  • La proposition de création d’un Institut éco-citoyen ainsi que la poursuite des travaux suscitent notre adhésion.
  • Il semble que l’UVO soit mis en doute. Il n’a pas été prouvé qu’il présentait des spécificités techniques différentes du projet de TMB méthanisation rejeté à l’unanimité par le conseil en janvier 2014. Aucune garantie sur les risques supposés. Dans le doute, un refus net de cette phase devrait apparaitre dans les conclusions de la mission. Nous parlons d’argent public, pour des montants considérables. Nous parlons aussi de santé publique. Cela suffit à rejeter toute prise de risque.
  • Quant à l’UVE, alors que nous avions clairement établi à la création de la mission notre souhait que soit étudiée ce volet du projet, dans son dimensionnement et son opportunité. Cela a bien été évoqué dans les auditions mais ce point est tout bonnement écarté du rapport.

Dans l’ensemble, nous regrettons ce qui pourrait être considéré comme un escamotage dans ce débat.

Concernant la consultation citoyenne, il nous est demandé d’adopter un principe sans la moindre information sur les conditions démocratiques du déroulement de cette consultation. Combien de bureaux, quels électeurs, quel contrôle, quelle communication ? Ce dernier point nous inquiète tout particulièrement, quand on voit le caractère absolument subjectif et orienté des dernières « consultations » organisées par la ville, sur le statut de l’OPH ou sur les rythmes scolaires par exemple. Une expression équitable entre les tenants d’une position et ceux de l’autre position s’impose, avec les moyens qui seront utiles.

Ce qui semble se dessiner, avec une position totalement ambiguë du parti communiste, pourtant seul soutien de ce projet, appelant à voter contre, sous prétexte qu’il serait pour l’essentiel de la reconstruction mais dans le doute sur l’UVO, nous parait absolument inacceptable. Cela rend la consultation même inutile. Puisque les interprétations de son résultat seront multiples et n’apporteront rien. Cela brouille totalement le message et rend illisible la consultation. Sur un sujet qui concerne tout de même l’avenir d’Ivry. C’est une totale manipulation, une supercherie, une instrumentalisation du vote des Ivryens.

  • Point B : changement de statut de l’OPH

Voter la privatisation de l’OPH, quand bien même la forme coopérative est moins inquiétante que d’autres formes économiques, n’est pas rien. Cela mérite une information précise et loyale. Or, malgré notre demande à l’occasion du conseil municipale ayant débattu de ce point et de l’organisation de la consultation des locataires et salariés de l’OPH, aucune étude d’opportunité, aucun dossier ne nous ont été fournis.

Nous considérons par ailleurs que la consultation n’a pas été non plus objective et loyale. Le document de propagande transmis aux locataires ne présentait qu’une seule hypothèse comme irrémédiable, alors que des alternatives existent. D’autres villes y compris communistes ont fait d’autres choix. Il ne donnait pas une place équivalente au vote pour et au vote contre, il ne donnait d’ailleurs qu’une seule position, le vote pour.

Les arguments avancés étaient inutilement alarmistes. Les locataires des bailleurs non Ivryens, qui sont nombreux, sont aussi bien traités que ceux de l’OPH. Ils ont des interlocuteurs quand ils appellent et des réponses rapides quand ils posent des questions. Il est faux de faire croire qu’au sein d’un organisme bailleur à échelle intercommunale, les gens n’auraient plus le choix de la localisation des attributions de logements. Etc.

Aucun argument ne nous a totalement convaincu. Finalement le seul intérêt de cette opération est que vous gardiez la main et choisissiez vos partenaires. C’est légitime. Vous avez le droit et vous avez surtout le mérite de l’assumer. Mais cela ne regarde que vous.

Or, au-delà de ce seul argument, cette proposition ne répond en revanche pas au problème de dimension et de gestion de l’OPH. Voire ne fait que chercher peut-être à la cacher. Le parc OPH rencontre des problèmes d’entretien et de maintenance du parc de logement et en particulier de l’OPH. Et ce problème n’est pas étranger à la taille de l’office. L’office n’a pas les moyens d’offrir à ses locataires une qualité de suivi et maintenance suffisante. Sa situation économique est de plus précaire, chacun sait que l’office a fait l’objet d’une forme de redressement CGLLS (caisse garantie logement locatif social). Il survit aussi grâce à l’abondement de la ville chaque année. Bref, notre organisme est mal en point. Cela ne veut pas dire qu’il est mal géré mais qu’il manque de moyens. Je ne rentre pas là dans ce débat des causes, je souligne simplement le fait que cette proposition de changement de statut aurait dû être l’occasion de traiter de l’avenir financier de l’organisme qui gère tout de même plus de 6000 logements.

Nous n’allons pas maintenant nous y opposer, les locataires ont voté, les salariés aussi. Certes sur une base orientée et faussée mais leur expression est nette. Nous nous abstiendrons donc, ne vous faisant pas assez confiance sur cette question dont dépend l’avenir de ces 6000 logements et donc foyers ivryens.

  • Point C Régie publique eau :

Comme d’habitude, on nous demande de nous proposer sur des questions majeures qui concernent non seulement l’avenir de la fourniture d’une ressource naturelle fondamentale de nos concitoyens, mais également leur pouvoir d’achat et des enjeux environnementaux, sans nous fournir les études nous permettant de leur faire de façon éclairée.

Il y a un problème de méthode. Il est nécessaire de mettre en place un groupe de travail ouvert à l’opposition, local, mesurant les enjeux, les avantages et les inconvénients. Il est nécessaire également d’engager la consultation des Ivryens.

Il apparait dans la note fournie que seule la distribution de l’eau, et non la production, pourra être reprise en régie directe. Cela réduit l’impact environnemental. Il apparait également que la régie sera contrainte de continuer à acheter l’eau à Véolia jusqu’à 2035. Cela reporte la sortie de la marchandisation d’un bien commun de l’humanité. Il apparait surtout que le coût augmentera pour les Ivryens pendant au moins 20 ans. Ce mérite une vraie transparence et une vraie implication de nos concitoyens, eut égard aux questions de pouvoir d’achat, surtout si nous n’avons aucune garantie de notre capacité à entretenir le réseau.

Nous approuvons la poursuite de l’étude, restant attachés à cette perspective, mais réservons notre position pour l’avenir.

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