Billet d’Antoine Spire – Dans l’union, bien sûr !

spireLa lettre de Pierre Gosnat envoyée en ce début d’octobre aux ivryens est un modèle du genre ; rencontres, dialogues et concertations ont accompagné le mandat qui se termine. On ne nous dit pas ce que sont devenus les engagements pris en 2008 lors des dernières élections.

Quels débats un tant soit peu contradictoires se sont-ils tenus? Visiblement aucun, si l’on en croit ce recto-verso en forme de satisfécit. Jamais personne n’aurait souhaité plus de transparence en matière d’attribution des logements sociaux. La contestation de ceux qui voulaient que des jeunes participent à un vrai conseil municipal des jeunes, que des étrangers non européens puissent régulièrement donner leurs points de vue sur les affaires de la cité n’a pas laissé de traces dans l’esprit de notre maire. Alors que le bilan de la municipalité est celui d’une majorité diverse le passé est présenté comme la manifestation d’une unique volonté politique ,celle du parti dominant et majoritaire Nous portons des positions et des visions divergentes sur certains points. Lisez pour cela la déclaration précise qui avait été la notre par la voix de Sandrine Bernard en Conseil municipal lors de l’explication de vote du budget 2013 : http://ivry-socialiste.fr/site/?p=1048


Car comme nous l’avons déjà dit, une union ne se décrète pas, elle n’a pas vocation à être construite à la hâte, et elle ne peut être considérée comme allant de soi qui plus est dans les villes ou la gauche n’est pas directement menacée. Nous avons pris il y a maintenant 10 mois l’engagement devant les ivryens de leur proposer un projet innovant et audacieux qui serait pour nous la base de toute discussion avec nos partenaires de gauche, sans exception. Nous avons mandat de créer les conditions d’une union solide et durable, nous tenterons de le faire et nous y tenons, mais sur la base d’engagements et de processus fermes et rythmés dans le temps. Une nouvelle ère s’ouvrira de toute manière à Ivry dans les mois qui viennent, dès le lendemain de l’élection.

Mais c’est le bilan de l’action gouvernementale qui est le plus saisissant dans cette lettre: Au crédit l’embauche de plusieurs milliers d’enseignants, point final. A la trappe, le mariage pour tous, les nombreuses initiatives en faveur de l’emploi, le retour de la justice fiscale avec l’augmentation des impôts des entreprises, l’augmentation du quotient familial qui touche les ménages les plus aisés et l’allègement programmé des premières tranches du barème fiscal. Même silence (gêné ?) sur le blocage des loyers et une réforme des accès au logement qui réjouit tous les démocrates. En revanche le maire d’Ivry attribue au gouvernement socialiste la dégradation de l’emploi. On sait qu’au delà de la mobilisation large les emplois jeunes, les contrats de génération et autres emplois aidés contribuent à faire reculer l’augmentation du chômage ; mais à Ivry aucun emploi aidé n’a été signé, aucune application des programmes proposés n’a été mise en œuvre. Qu’en est-il des efforts de la direction municipale en faveur de l’emploi ? Un forum annuel ne réunit que quelques entreprises sur les quelques milliers qui tissent notre territoire et ne parvient même pas à être l’occasion de signatures d’un nombre conséquent de contrats en CDI.

Le maire affirme que l’Etat ne s’attaque pas vraiment aux forces de l’argent. Il semble que ce n’est pas l’avis des plus riches qui font du chantage à l’émigration fiscale et des organisations patronales qui se répandent en lamentations en disant qu’elles n’ont jamais été aussi imposées. Pierre Gosnat affirme aussi que serait réduit le rôle des communes et des départements à l’heure d’une nouvelle étape de la décentralisation saluée par beaucoup de démocrates. C’est que Pierre Gosnat n’apprécie pas le projet du « Grand Paris » alors que Pierre Mansat, adjoint communiste de Bertrand Delanoë, l’expliquait ainsi : “la métropole parisienne est un lieu de vie et d’échanges. Les villes et départements qui la composent sont dépendants les uns des autres. La métropole a besoin de penser les politiques publiques en phase avec cette communauté de destin … Très loin d’une relation de la domination entre Paris et la banlieue sur laquelle s’est construite l’histoire de l’agglomération, il faut maintenant passer à la culture de coopération et de solidarité. “Et d’ajouter récemment : « Après la page blanche de la 1ère lecture, il était essentiel que les sénateurs marquent leur volonté de créer une métropole du Grand Paris. Un texte a été voté, c’est un pas de franchi important. Mais, ce texte n’est pas encore satisfaisant » Et de proposer des pistes pour l’améliorer. On aimerait que tous les élus d’Ile de France soient sur cette ligne et que le maire d’Ivry rejoigne son camarade de parti. Mais il craint sans doute de se dessaisir d’une partie de son pouvoir au profit d’une véritable union de la gauche. Vous avez dit union ? Cette lettre est un modèle !

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