Réponse de Sandrine Bernard au vœu de la droite et du centre – Conseil municipal de Novembre 2013

5N5A8336
Les différentes postures prises ces derniers temps sur les rythmes scolaires m’interpellent. Je souhaite, en tant qu’adjointe au Maire à l’Education et à la Vie scolaire, tâcher de faire cesser la désinformation ambiante qui n’honore ni ceux qui la véhiculent ni ceux qui y prêtent foi. Permettez-moi, chers collègues, de trouver ce vœu bien politicien et presque déplacé de la part du groupe de la droite et du centre. Car lorsque vous étiez aux responsabilités nationales, vous ne sembliez pas vous soucier de concertation – notamment avec les enseignants – et encore moins de la réussite de nos enfants, vous qui avez taillé notre système éducatif en pièces !


En ce qui concerne la réforme actuelle, il y a eu concertation nationale, large et approfondie, dès avant l’arrivée de François Hollande au pouvoir. Elle a été poursuivie et amplifiée tout de suite après sa prise de fonction, comme il s’y était d’ailleurs engagé. Jamais nous n’avons autant parlé d’éducation, de bien-être de l’enfant, de partenariat, de place des parents, de réussite… Quel progrès et quel enrichissement ! Vous demandez dans votre vœu une nouvelle concertation… Mais à Ivry, elle est en cours et ce depuis des mois !

Vous évoquez également l’inquiétude des enseignants. Elle est compréhensible, après près de dix ans de déconsidération voire de maltraitance de la part de la droite et il est normal que des craintes et même une certaine frilosité s’expriment. Lors des Conseils d’école extraordinaire, je vais à la rencontre des enseignants pour répondre à leurs questions et je peux vous dire qu’ils s’associent à notre démarche.
Vous évoquez l’inquiétude des parents. Mon expérience de terrain me fait dire que si certains parents expriment des doutes quant à la réforme des rythmes scolaires et que certains se mobilisent même contre la réforme, la grande majorité fait preuve d’une attitude constructive et a confiance en notre action.
Vous évoquez l’inquiétude des personnels communaux. Je pense ici notamment aux animateurs pour lesquels l’impact de la réforme sur leurs missions a bien entendu d’importantes conséquences. Ils vont devoir prendre de nouvelles responsabilités, évoluer dans leurs métiers, ce qui est à la fois grisant et déconcertant. Nous définissons avec eux les conditions de cette évolution pour garantir la qualité des nouveaux temps périscolaires qui seront proposés à nos enfants.

Mon rôle d’adjointe est de désamorcer l’ensemble de ces craintes pour préparer le changement. Je peux compter pour cela sur le concours des services et l’appui précieux de Monsieur le Maire…

En ce qui concerne les inégalités territoriales que vous dénoncez, soyez rassurés, nous partageons les oppositions à toute territorialisation de l’Education nationale et tenons à rassurer l’ensemble des acteurs de la communauté éducative sur ce point. Il est au mieux inutilement alarmiste, au pire manipulateur, d’agiter le spectre d’un désengagement progressif de l’Etat. L’Education nationale dans sa dimension pleine et entière demeure : statut des enseignants, cadre horaire et réglementaire de l’enseignement, contenus des programmes… La territorialisation est un fantasme.

Il revient par contre aux communes depuis les lois de décentralisation de construire, entretenir, équiper les établissements scolaires du premier degré, de mettre à disposition le personnel technique et d’organiser, si elles le souhaitent, des accueils péri et extrascolaires. Or, ce n’est pas parce que le temps de classe passe de 24h sur 4 jours à 24h sur 4 jours et demi qu’il y a un quelconque abandon. Ce n’est pas parce que la tâche de fixer les nouveaux horaires, en concertation avec l’ensemble des acteurs éducatifs et en cohérence avec le contexte local, est confiée aux communes que le cadre en est affaibli. Bien au contraire, la complémentarité entre différents niveaux de responsabilité prend ici toute sa dimension, nous nous en félicitons au nom de la qualité et de l’efficacité du service public et aurions même souhaité que cet objectif soit poussé encore plus loin par la refonte de la filière animation.

Certes, cette réforme va coûter de l’argent aux communes. Pas dans la mesure où l’Etat se déchargerait de ses responsabilités (au contraire, il investit des sommes conséquentes) mais parce qu’à travers cette réforme, il invite les communes à repenser et améliorer l’ensemble des autres temps éducatifs, avec une attention particulière à leur articulation. C’est tout l’enjeu des projets éducatifs locaux qui définissent les priorités sur la base de diagnostics et autour de valeurs et d’objectifs partagés.
L’Etat va contribuer à la prise en charge de ces coûts supplémentaires mais une part de ceux-ci restera à la charge des collectivités. Sur ce point, nous nous réjouissons que les collectivités soient appelées à contribuer encore davantage à l’effort collectif voulu par le Chef de l’Etat pour offrir aux nouvelles générations un avenir meilleur que celui que notre société leur laisse aujourd’hui entrevoir. C’est un investissement pour l’avenir qui relève de notre responsabilité collective.

En conclusion, je voudrais rappeler à tous que nous avons attendu longtemps les grands débats nécessaires à ce que notre système scolaire renoue avec la réussite et qu’il devienne l’affaire de tous. Il reste beaucoup à faire. Remontons-nous les manches pour échapper aux travers gestionnaires qui pourraient conduire à une mauvaise mise en œuvre de la réforme au détriment des enfants. Ne ménageons pas nos efforts pour que le partage de ces enjeux au-delà des partenaires habituels conduise à la formation de véritables communautés éducatives.

Pour marque-pages : Permaliens.

Les commentaires sont fermés