Intervention de Sandrine BERNARD sur les Maisons de quartier – Conseil Municipal de Janvier 2014

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Monsieur le Maire,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

Ainsi que notre collègue vient de le rappeler, les Maisons de quartier ont pour vocation première de constituer un lieu d’accueil et d’animation de proximité dans le but de raffermir le lien social et porter les projets des habitants. La Maison de quartier du Plateau Monmousseau est d’ores-et-déjà opérationnelle et celles du Petit-Ivry et de Gagarine devraient être livrées respectivement à l’été 2014 puis à l’été 2015.

Nous portons, en tant qu’élus socialistes, une attention particulière au développement de ces centres sociaux, dits « Maisons de quartier ». Nous regrettons d’ailleurs que le dossier fourni à l’occasion de ce conseil ne reflète qu’imparfaitement le travail réalisé par les services, ce qui ne permet pas à tous les élus d’être au même niveau d’information. Quoi qu’il en soit, nous pouvons aujourd’hui mesurer le chemin accompli, déjà conséquent, même si l’ensemble des engagements ne sont pas encore tenus. Le Projet Educatif Local avait mis en évidence la nécessité d’investir rapidement le chantier du développement social. Ceci afin de renforcer la cohésion de la population autour d’équipements publics appropriés par tous, de favoriser le vivre-ensemble et de mener des actions d’accompagnement en direction des publics les plus fragiles. Nous nous félicitons donc de ces premiers pas, même si nous regrettons, en tant que groupe politique, de n’avoir pas toujours été suffisamment associés à la réflexion. Nous espérons sur ce point que l’union qui devrait prévaloir en vue du prochain mandat sera synonyme de coopération pleine et entière entre les différentes composantes de la majorité.


Nous avons quelques réserves de fond sur l’ensemble du projet dont je tiens à vous faire part. D’abord, la concertation qui a été entreprise, au moins dans le cadre de la préfiguration de la Maison de quartier du Petit-Ivry, s’est avérée insuffisante. Des rendez-vous hebdomadaires pour le moins discrets n’ont pas permis de rassembler beaucoup d’habitants. Les réunions de travail avec des « invités » excessivement ciblés ne nous ont pas semblé favoriser la large mobilisation citoyenne nécessaire autour du projet. Il faut dire qu’en n’associant pas les élus de quartier, ou du moins pas tous, à ces travaux, il a dû être difficile de prendre pleinement la mesure des dynamiques locales et de donner toute sa force à la dimension participative qui constitue pourtant un objectif en soi.

Ensuite, et nous l’avons déjà exprimé à plusieurs reprises, nous regrettons le choix du périmètre d’action retenu pour ces Maisons de quartier, mise à part celle de Monmousseau. Centrer de tels équipements et les actions qui vont s’y mener sur les seules cités PMC et Gagarine nous semble être un frein au renforcement de la cohésion sociale qui constitue pourtant l’un des premiers défis à relever. N’oublions pas qu’un de nos principaux engagements, un des principaux moteurs de notre action municipale, est de permettre à toutes les populations de trouver toute leur place à Ivry. Les centres sociaux, à l’instar des écoles et des autres équipements publics, doivent porter au plus près de tous nos concitoyens. Leur ancrage de proximité doit justement leur permettre d’avoir l’ambition de faire se côtoyer, se rencontrer et vivre ensemble des populations très diverses et donc celles des cités et des quartiers avoisinants. En restreignant le diagnostic aux publics les plus fragiles, on privilégie nécessairement l’aide directe au lieu d’accompagner par le foisonnement collectif et la mixité de véritables projets de développement social.

Je tiens néanmoins à vous signifier que les élus du groupe socialiste voteront favorablement les trois délibérations qui sont contenues dans ce premier point à l’ordre du jour, à savoir les demandes de subvention et d’agrément pour les trois projets à leurs différents stades d’élaboration. En effet, les Maisons de quartier s’inscrivent sans équivoque dans le programme municipal de la mandature qui s’achève. Comme à leur habitude, les socialistes respecteront l’accord politique qui a été passé en 2008.

J’irai même plus loin. Car il ne s’agit pas là de s’inscrire seulement dans une solidarité de gestion. Grâce au travail des agents de développement de ces quartiers, et à leur connaissance du terrain, les projets qui ne sont pas détaillés ici mais dont nous avons eu le plaisir de prendre connaissance dans le cadre d’autres instances, proposent des axes programmatiques tout à fait conformes aux besoins des populations : l’accès aux droits, à la culture ; la lutte contre l’isolement ; l’aide à l’insertion professionnelle, l’aide aux savoirs et aux loisirs des familles ; le soutien à l’Education et à la fonction parentale… Je suis content de constater à ce sujet que nos échanges répétés se soient finalement avérés fructueux. Je me souviens que pendant toute une partie du mandat, certains collègues de la majorité ne voulaient pas entendre parler d’accompagnement à la parentalité ! Il faut croire que la pugnacité de Sandrine Bernard a fini par porter ses fruits…
Les axes de travail retenus sont donc pertinents et permettent de déployer les orientations municipales à l’échelle des quartiers tout en développant des projets spécifiques. C’est important car il reviendra en effet à l’équipe dédiée de mener les initiatives locales en pleine cohérence avec la politique municipale. Tout cela est fort bien et nous engage mais contrairement à ce que laisse entendre le rapport de l’administration et l’exposé de notre collègue en charge, il n’y a ici rien de révolutionnaire. Ce type de structures existe depuis longtemps dans d’autres villes du département. Il était temps qu’elles voient le jour dans notre Ville, et nous ne pouvons que nous en réjouir.

Avant de conclure, il me faut soulever une ambiguïté qui persiste depuis le lancement de ces projets. Le développement de la participation citoyenne et le soutien aux comités de quartier est un des objectifs structurants des Maisons de quartier. C’est très louable mais nous attirons votre attention sur la réelle confusion des rôles que cela risque d’induire avec les Comités de quartier eux-mêmes, qui ont un rôle tout à fait différent. Si les centres sociaux ont vocation à répondre, de manière évolutive, au manque de lien social et aux difficultés particulières des habitants d’un quartier donné, ils ne sauraient se substituer aux Comités de quartier, premiers échelons de la démocratie locale auxquels nos concitoyens sont attachés et qui constituent des espaces spécifiques où l’on se penche sur les affaires de la cité.

Si nous accueillons avec enthousiasme ces centres sociaux que nous souhaitons aussi accueillants, participatifs et émancipateurs que possible, nous tenons fermement à ce que soient préservés les comités de quartier, authentiques poumons démocratiques de proximité ! Nous réclamons donc que leur soit réattribués les moyens nécessaires à leur fonctionnement. Nous appelons au respect de la charte des comités de quartier, rédigée sous l’impulsion de notre collègue Philippe Bouyssou, avec la contribution des citoyens de notre ville. Nous ne souhaitons pas, enfin, que soient ainsi mis dos à dos deux orientations politiques majeures de notre ville, riche de ses quartiers.

Je vous remercie de votre attention.

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