Budget 2021 : que pourrait-on faire avec autant d’argent public ??

Figurer parmi les leaders de deux baromètres nationaux constitue en général une source de fierté pour un maire, qui s’empresse de se prendre en photo à côté de ses logos de ville internet, fleurie ou autre.

Aujourd’hui, bien que l’exploit réalisé soit bien plus important pour notre commune, notre maire semble s’interdire de parader.

4e ville la plus dépensière de France ET 4e ville avec la fiscalité locale la plus élevée. Talonner des villes comme Paris, en montant dépensé par habitant ou encore Cannes, St-Maur-des-Fossés et Levallois-Perret, en termes de fiscalité, devrait pourtant être la consécration !

Avec 2 252 € dépensé par habitant, Ivry-sur-Seine peut donc s’enorgueillir de dépenser abondamment pour ses administrés. D’ailleurs, nous, citoyens d’Ivry, pouvons constater chaque jour la chance qu’elle nous offre. Avec un cadre de vie harmonieux, des constructions de qualité, les rues rutilantes de propreté, des espaces publics aménagés pour favoriser le vivre ensemble, des écoles numérisées, des espaces verts dans chaque sous-quartier, une ville sûre, moderne, des commerces de qualité, des places en crèches pour tous. Une ville précurseur dans de nombreux domaines, la 1e à avoir mis en place un centre de tests pcr pour toute la population, dès le 1e déconfinement, et à avoir ouvert un centre de vaccination contre le covid … Ce serait si beau, si seulement c’était vrai.

Eh oui, une telle qualité de vie, cela se paye, chers amis Ivryens !! C’est la raison pour laquelle nous tenons également le haut du classement de la fiscalité locale avec 1033 € par habitant. Les dépenses de la commune sont de 143 millions d’€. Les recettes s’élèvent à 160 millions d’€, dont un produit fiscal de 72 millions, en hausse de 4.2 % en 2020 par rapport à 2019.

Avec de tels moyens, il est normal que notre maire s’accroche par tout moyen à son trône, en premier lieu la démagogie, le silence imposé à toute voix divergente, et le clientélisme.

Il est moins normal que le projet d’une ville propre, sûre, harmonieuse, éducatrice et émancipatrice ne soit qu’un trait d’humour, un doux rêve, dans un article. 

Notre ville n’a pas été à la hauteur face à la crise sanitaire. Pourtant, de nombreuses dépenses ont été annulées : sorties, colonies, activités sportives, événements (on sait que c’est l’un des plus gros postes budgétaires de la commune). Ces dépenses pouvaient être réinjectées dans des dépenses opérationnelles et concrètes pour soutenir les familles, les commerces, les entreprises. Les seules actions mises en œuvre ont été le soutien au terrain associatif pour venir en aide aux plus fragiles. Heureusement que les associations, elles, sont à la hauteur.

Notre ville n’est pas non plus à la hauteur face aux défis de notre époque, en matière de santé (j’ai eu l’occasion de m’exprimer sur ce point), comme en matière d’éducation, d’environnement ou d’urbanisme. Que propose-t-elle de mettre en œuvre en 2021 sur l’environnement et le défi climatique : une conférence !! Comme je le souligne depuis 13 ans : « quand on ne veut pas agir, on diligente une petite réunion ». Pour les commerces abandonnés depuis toujours, 50 000 € de bons d’achat. Pour la sécurité, 2 médiateurs supplémentaires. Et enfin, pour la 1e fois alors que ce chantier est engagé depuis des années, elle assume la transformation du centre Jeanne Hachette en centre administratif, malgré le scepticisme généralisé des Ivryens.

Tous ces sujets mériteraient un développement à part entière, j’aurai l’occasion d’y revenir. Face au développement des comportements dangereux de la jeunesse, il n’est pas normal que le Conseil local de sécurité et prévention de la délinquance ne soit qu’une coquille vide. Face aux conséquences environnementales et sanitaires de la pollution, la ville ne peut pas continuer à produire et gérer des logements au rabais, à rester inactive face à l’insalubrité qui se répand dans notre ville et à déployer un plan de circulation et de stationnement incohérent. Elle ne peut pas continuer à ne considérer le Syctom sous un angle strictement budgétaire (1 million de recettes), faisant tout pour éteindre  toute opposition à la reconstruction de l’usine d’incinération. Enfin, face aux ravages de l’ignorance, elle ne peut pas rester ainsi sur ses acquis en matière éducative.

Le vote du budget 2021 aura lieu début avril. Inlassablement, les élus de la majorité liront un texte nous vantant la doctrine idéale du parti, tous les dysfonctionnements, tous les manques, tous les errements d’une société à laquelle elle est incapable de s’adapter, étant la faute des autres et en particulier de l’Etat. Pour reprendre l’une de leur image animalière favorite, combien de temps encore nous, Ivryens, accepterons-nous encore d’être pris pour des « moutons » ??

Sandrine Bernard

Fermer le menu