Entre impérieuse nécessité de protéger la santé et enjeux sociaux, économiques et démocratique face à la COVID-19, quelles responsabilités publiques ?

Depuis plusieurs mois maintenant, nous vivons une situation inédite, par sa brutalité, sa gravité et les répercussions qu’elle aura encore longtemps.

Sur le plan économique et social, force est de constater que la pandémie et les mesures liées à l’état d’urgence sanitaire ont conduit Emmanuel Macron et son Gouvernement à un profond virage économique. Au libéralisme affiché depuis sa prise de fonction a succédé une approche plus protectrice, remettant le rôle et la légitimité de l’intervention étatique au premier plan. Le chemin est cependant encore long et ce tournant devra se prolonger et s’amplifier pour réparer les dégâts considérables que la crise n’a pas encore fini de provoquer. Si les mesures de financement du chômage partiel et de soutien aux entreprises ou aux différents secteurs d’activité ont permis de ralentir les effets que le 1er confinement et le ralentissement économique auraient pu engendrer, maintenant partiellement le niveau de vie des ménages et limitant ou retardant la hausse du chômage, le 2e confinement risque de faire encore plus de dégâts. Le niveau accordé et les moyens dévolus au service public ne sont pas à la hauteur. C’est en particulier le cas des hôpitaux qui vont devoir affronter une 2e vague peut-être plus violente que la 1e sans avoir obtenu les moyens d’y faire face. Mais nous pourrions parler aussi de la culture, du sport, des loisirs, qui subissent de plein fouet les conséquences des mesures prises. De surcroit, une aggravation s’annonce, notamment sur le plan de l’emploi et pour les plus fragiles de nos concitoyens, l’Etat protecteur devra jouer tout son rôle durablement et s’en donner les moyens.

Sur le plan sanitaire, alors que la situation s’aggrave et qu’un nouveau confinement commence, l’heure est avant tout à la protection de la santé de tous et en particulier des plus vulnérables. Ce virus tue, il laisse des séquelles et il est encore trop peu connu pour que sa transmission et son évolution ne justifient pas la plus grande vigilance et des dispositions d’exception. La confusion et l’échelonnement qui accompagnent ces mesures sont évidemment fâcheux, pour leur acceptabilité. Le gouvernement donne le sentiment de courir toujours après le virus pour éviter à tout prix de prendre les dispositions qui au final s’imposeront à lui, après avoir provoqué la saturation des hôpitaux et de nombreux décès. Entreprises, collectivités et citoyens sont amenés à s’adapter en permanence, ce qui renforce le climat d’incertitude et d’inquiétude. Cependant, même si elles sont lourdes, difficiles et longues, ces mesures sont indispensables pour circonscrire la propagation de l’épidémie. Pour sauver des vies et pour en voir plus rapidement la fin.

Bien sûr, il en va également de la responsabilité individuelle des français et de la responsabilité de l’ensemble des autorités publiques. On peut noter le manque de sérieux de beaucoup d’entre nous dans le respect des gestes barrière. La cacophonie nationale y joue sans doute, créant du doute, là où il faudrait de la clarté (débats autour de l’utilité du masque, de l’efficacité du couvre-feu, sur la possibilité de prendre le métro mais pas de faire du sport…). La difficulté à accepter des mesures restrictives aussi longtemps pèse également. Le désintérêt total de certaines collectivités aussi. Ivry, village gaulois, s’illustre une fois de plus en la matière. Absence de communication aux familles et aux enseignants des mesures d’hygiène appliquées dans les écoles ; absence d’action de sensibilisation, et encore moins de sanction, pour encourager les administrés à porter le masque ; absence de tests à Ivry, ville de 60 000 habitants ; pas de pistes cyclables ou si peu, pas de soutien au commerce lourdement fragilisé par la période… Ivry la rebelle aurait-elle la chance de voir le virus s’arrêter à sa frontière, comme le nuage de Tchernobyl ? L’épidémie est prétexte à supprimer des services publics locaux (arrêt de la collecte des biodéchets depuis le mois de mars, résistance à rouvrir le marché ou les écoles pendant et après le confinement), mais en aucun cas les opérations de communication du maire qui semblent immunisées ou plus importantes que les préoccupations de santé publique (maintien du forum des sports, tentative de maintenir la fête d’Ivry…).

Une fois de plus, nous ne pouvons que constater l’inertie de la municipalité et son manque de clairvoyance et d’investissement dans une période où chacun est appelé à la responsabilité.

Nous remercions tout le personnel soignant pour leur dévouement et leur travail, sans eux rien ne serait possible.

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