Intervention de Denis Mercier sur le développement durable – Conseil municipal de février 2013

IMG_0708
Monsieur le Maire,
Chers collègues,
Mesdames, Messieurs,

Le concept de développement durable nous invite à penser globalement et à agir localement dans le respect des cinq finalités énoncées à l’article L.110-1 du code de l’environnement :
– lutte contre le réchauffement climatique,
– préservation de la biodiversité et des ressources,
– épanouissement de tous les êtres humains,
– cohésion sociale et générationnelle,
– développement responsable.

Si les collectivités comme la nôtre ont l’obligation depuis 2010 de présenter chaque année un rapport sur la situation en matière de développement durable avant le vote du budget, ce n’est pas pour exercer un simple droit d’inventaire. Au contraire, c’est bien pour évaluer les actions menées et pouvoir déterminer en clarté si les orientations budgétaires à venir iront dans le bon sens, à savoir celui de la ville durable et solidaire dont nous avons plus que jamais besoin pour anticiper un avenir qui sera fait de fortes mutations sociales et environnementales.
Ce rapport 2012 présenté par Chantal Duchenne fait preuve d’un travail méthodologique important…
A la lecture de ce document, nous avons trouvé que s’il identifiait avec honnêteté certaines lacunes, il tendait aussi à confondre les actions vaguement engagées et celles véritablement entreprises.


C’est dommage car nous ne voudrions pas que les habitants aient l’impression que nous surévaluons nos efforts en matière de développement durable en ce qui concerne à la fois la gestion de notre collectivité et nos politiques publiques. Ce serait d’autant plus dommage que de véritables efforts ont été consentis.
L’urbanisation de la ville d’Ivry s’est fortement accrue ces dernières années et va aller croissante avec les grands projets que nous menons à l’instar de la ZAC Ivry-Confluences.
Or les grandes villes comme la nôtre sont souvent le cadre d’une consommation excessive voire d’un gaspillage d’eau, d’énergies et d’autres ressources… Les ratés en termes de coordination de la planification urbaine et d’aménagement du territoire ne peuvent qu’accroître les handicaps économiques et sociaux, la destruction du tissu social et autres tendances défavorables propres à la petite couronne.

Si Ivry a donc de véritables efforts à faire en matière de conversion aux politiques de développement durable et notamment sur l’association des citoyens aux différents projets mis en œuvre dans ce cadre, notons tout de même un volontarisme réel en matière de cadrage de nos orientations.
En témoignent l’adoption du Plan climat énergie ou encore l’adoption de la charte Espaces publics et de la charte Ecoquartier.
Malheureusement, il existe un décalage véritable entre les mesures qu’ils préconisent et la réalité de leur opérationnalisation. Cet aspect des choses est bien décrit par le rapport qui nous est présenté ce soir : de nombreux objectifs, notamment la réduction de – 10% des émissions de gaz à effets de serre ne seront pas tenus
Bien entendu, mis à part sur des points quasi anecdotiques, le changement a un coût. Nous devons en cela définir des priorités, pratiquer des arbitrages avec le courage politique qui caractérise notre municipalité.

Si l’Etat doit développer ses politiques de soutien aux collectivités en matière de conversion écologique et de gouvernance durable, nous ne pouvons pas en tant qu’élus locaux, nous défausser systématiquement sur l’échelon national pour justifier nos retards.
Si nos contraintes budgétaires augmentent à cause de la conjoncture, nous nous engageons aussi dans certaines orientations à marche forcée, sans dégager nécessairement les moyens nécessaires pour nous ménager la possibilité de mener en parallèle, de manière harmonieuse, les politiques publiques qui s’imposent.
Si construire des logements est plus que jamais nécessaire au développement de notre ville, il nous faut voir un peu plus loin et penser à l’avenir de ceux qui les occuperont. Nous avons été particulièrement sensibles à la problématique des îlots de chaleur que développe le rapport. Si nous ne prenons pas dès maintenant les dispositions nécessaires, les coûts de chauffage et de climatisation augmenteront considérablement et les conséquences sur l’environnement et la qualité de vie seront funestes.

Sur ce point, tout comme nos camarades des groupes écologistes, nous sommes particulièrement attentifs à l’adaptation du bâti et au développement du réseau de chaleur. Où en sommes-nous d’ailleurs du projet géothermal qui doit être développé dans le cadre d’Ivry-Confluences ?

Toutefois, reconnaissons que les constructions en cours et à venir sur notre territoire sont bénéfiques d’un point de vue écologique. Répondant aux exigences de la réglementation thermique de 2012, certaines d’entre elles font l’objet d’une certification HQE ou sont reconnues pour leur sobriété en matière de consommation énergétique et de génération de gaz à effet de serre.
Je terminerai mon intervention par une série d’interrogations qui ne sont pas où peu abordées dans le rapport – son champ d’interrogation est si vaste ! – mais qui méritent également d’être réfléchies et que je n’aurais pas le temps de développer.

– Quid de la densité et de la verticalité de notre urbanisme… vaste débat qui préoccupe un bon nombre des Ivryens et qui est hélas souvent contourné ?
– Quid de la mixité sociale, que l’on ne retrouve plus dans certains quartiers aujourd’hui relégués qui à l’époque accueillaient également les cadres de l’industrie ?
– Quid du manque de petits logements dans le parc immobilier, pour assurer l’accueil des jeunes couples et répondre aussi à la sous occupation des surfaces plus vastes ?
– Quid des problèmes de stationnement et des nuisances que cela occasionne ? Il nous manque une ligne de conduite tranchée sur la place des voitures en ville,
– Quid des poids lourds en ville, en l’absence d’itinéraire adapté pour éviter les principaux axes ?
– Quid du commerce de proximité qui commence à s’unifier dangereusement pour ne voir dans certaines rues que se succéder sandwicheries et autres snacks ?
– Quid de la coopération dans le cadre de la CASA, notamment sur le bilan carbone ou encore l’avenir des berges sur Seine ?

Nous le constatons, les possibilités d’amélioration restent nombreuses et les pistes à emprunter sont vastes. Le groupe socialiste préconise en premier lieu en matière de développement durable une meilleure intégration de l’initiative citoyenne pour relever ces défis afin poursuivre la transition de notre ville vers une gestion toujours plus pérenne, solidaire et soucieuse de l’environnement et des hommes.

Je vous remercie.

Fermer le menu