Logements sociaux à Ivry – Janvier 2020

Article paru dans Ivry ma Ville.

Nous sommes totalement engagés dans le  combat pour le maintien de notre système de retraite par répartition et apportons notre soutien aux syndicats. Nous avions cependant prévu dans cet article de parler de ce droit fondamental qu’est l’accès à un logement digne, droit dont trop d’Ivryens ne bénéficient pas.

Avec 37,8% de logement sociaux, notre ville dispose d’une offre résidentielle importante pour les foyers aux ressources moyennes ou modestes. Engagée dans une programmation de 4000 nouveaux logements entre 2019 et 2025, elle prévoit de poursuivre cet effort.

Mais 3 problèmes majeurs gâchent cette apparente réussite :

Les nouveaux logements construits ne correspondent pas aux besoins des familles, ni en taille ni en termes de revenus. Ivry ne peut plus bénéficier de financements pour construire des logements adaptés aux populations les plus fragiles (PLAI), auxquels 80% des ménages sont pourtant éligibles, parce qu’elle a déjà dépassé les objectifs de la Loi relative à la Solidarité et au Renouvellement urbain (SRU).

Le nombre de demandeurs ne cesse d’augmenter. Il est passé de 5000 à 8000 durant ce mandat. 25% d’entre eux attendent depuis plus de 5 ans. Le système de cotation mis en place ne permet ni d’introduire plus d’équité dans l’attribution ni de garantir la transparence et le pluralisme. L’incompréhension règne pour les Ivryens qui ne trouvent ni réponses, ni porte ouverte pour entendre leur situation.

Le principal bailleur ivryen, l’OPH (Office Public de l’Habitat), qui gère 6400 des 11  000 logements sociaux, est dans une situation financière très fragile, principalement du fait des coûts d’impayés de loyer et de vacance de logements, mais aussi en raison du niveau très important de taxe foncière. Il n’est de ce fait pas en mesure d’entretenir correctement son parc de logements dont il a la gestion et ne parvient à financer ses investissements qu’avec les subventions de la ville et le recours à l’emprunt.

Un récent rapport de l’agence nationale de contrôle du logement social (ANCLS) pointe précisément ces erreurs de gestion. Dans un contexte de transformation de l’OPH en société anonyme coopérative, cette situation interpelle. Nos dirigeants nationaux, qui veulent privatiser le système de retraite, n’utilisent pas une méthode différente.

De surcroit, au-delà d’une offre sociale insuffisante, inadaptée et mal gérée, des milliers de foyers subissent la dégradation de l’habitat ancien et le cynisme des marchands de sommeil. Avec un budget en baisse de 34% au cours du mandat qui s’achève et un usage minimal des moyens coercitifs existants, les Ivryens sont victimes de l’inaction de la ville en termes de lutte contre l’habitat indigne.

La question du logement sera un thème central des prochaines échéances.

Les élus socialistes vous souhaitent une belle année 2020,

Sandrine Bernard

Fermer le menu